La cote de turquoise, acte 3

Je ne dépasserais pas les trois actes pour cette cote de turquoise, car cela pourrait par la suite ressembler a une tragédie (remarque 5 actes, il reste un peu de marge… ). Au moins le format trilogie, ca finit toujours bien comme pour le Seigneur des anneaux par exemple!

En tout cas, après avoir rejoint Marmaris, nous prenons le prochain bus pour Fethiye, afin d’y voir les fameuses tombes Hittites : vieux tombeaux creusés dans la montagne. On est chanceux, c’est gratuit en basse saison.

Vue d'ensemble des tombes
Vue d’ensemble des tombes
Gros plan sur la grande tombe

Gros plan sur la grande tombe

On repart pour Kalekoy, le bus n’y va pas en basse saison, mais nous dépose a 10 km : on peut se tenter le stop, c’est pas la petite galère de la presqu’ile qui va nous décourager! Ceci dit, cette fois, il n’y a pas de bus de secours, en cas d’échec …

Le stop en turc, c'est dur...

Le stop en turc, c'est dur...

On pourra dire  que l’attente fut longue : toujours ce problème de trafic un peu léger, et surtout la plupart des voitures sont pleines. Nous avons cependant quelques compagnons de stop : une vieille femme qui se fait prendre par ses amis presque instantanément, un homme qui pourra monter derrière une moto , un autre homme que aura la chance d’avoir la dernière place dans une voiture bien chargée, mais pour nous, personne… Presque on s’apprêtait a se construire un abri de fortune quand enfin arriva notre sauveur : Hassan, la quarantaine décontractée, cheveux longs,  barbe fine, cuisinier a Ucaguz, le village voisin de Kalekoy! Il tient un restaurant juste a cote du port de plaisance, permettant l’accès maritime a Kalekoy.

On décide de s’arrêter manger chez lui pour le remercier, surtout qu’une affiche l’annonce comme étant le meilleur cuisinier de la méditerranée! On mangera du poisson avec un bout de concombre, un bout de tomate, du riz et du persil, rien de très sophistique ni de très raffiné en fin de compte…

Son neveu nous propose une ballade en yacht pour aller voir la cite engloutie de l’ile de Kekova et le village de Kalekoy, mais le prix est assez redibitoire (en comparaison du prix indique par Kaptan Martin pour  la traversee en barque). On fait mine de ne pas etre interesses et petit a petit le prix descend tout au long du repas, jusqu’a etre tres raisonable au moment du the. On cede a la tentation, d’autant plus qu’en barque, on ne pourrait que traverser sans voir la cite engloutie.

Notre yacht

Notre yacht

Nous voila donc a deux sur notre yacht a admirer les paysages sous marins et sur marins. On apercoit des pans  de murs entiers sous l’eau, impressionnant!

La sentinelle de garde a Kalekoy

La sentinelle de garde a Kalekoy

La cite engloutie

La cite engloutie

Puis nous faisons escale a Kalekoy : ce village est construit sur des ruines anciennes, mais construit a la turque, ce qui lui donne un charmant aspect decousu et labyrinthique. Un chateau byzantin domine l’ensemble, puis sur le crete est, on apercoit quelques tombes antiques, parsemees au milieu d’un champ d’oliviers millenaires. Un couple de vieux gardent un troupeau de chevres au milieu de ce drole de « musee » en plein air.

Tombes, oliviers et chevres

Tombes, oliviers et chevres

Ce village est calme, beau, et son environnement exceptionnel.

Le village de Kalekoy

Le village de Kalekoy

On passe dire bonjour de la part du Kaptan Martin a un autre restaurant Hassan : la legende raconte qu’un guide touristique a fait une critique elogieuse du restaurant Hassan de Kalekoy, depuis tous les restaurants du coin s’appelent restaurant Hassan! Sur le depart du port, on croise une barque d’ecoliers qui arrivent a 20 dans leur minuscule bateau, tandis que nous, on a notre yacht a deux. Nous voulions voyager en coherence avec les habitudes locales, autant dire que la, c’est rate… Ceci dit les paysages marins sompteux au coucher du soleil nous feront vite oublier ce derapage.

Coucher de soleil

Coucher de soleil

On finit par passer la nuit sur la terrasse du restaurant d’Hassan (celui qui nous a pris en stop) qui nous offre aussi le the, quelle hospitalite ces turcs!

Restaurant Hassan

Restaurant Hassan

J’opte pour la terrasse couverte avec carrelage (j’ai mon carremat qui me sert pour la troisieme fois du voyage!), Baptiste prefere le confort des coussins sur les bancs exterieurs et la vue des etoiles : cela sera temporaire pour lui car en pleine nuit, un orage eclate. Si l’on rajoute a cela les quelques moustiques plutot gourmands qui nous empeche de profiter de Mosphee, on peut dire que cette nuit ne fut pas de tout repos…

Le lendemain, Hassan nous offre un dernier the avant que l’on parte, merci mille fois, quel accueil! Puis nous partons pour Antalya, notre derniere etape du bord de mer. Quelle belle cote, cette cote de turquoise, dire qu’en saison plus chaude, on aurait pu se faire une randonnee de 100 km alliant sites historiques et paysages de littoral, le long de la voie lycienne.

En tout cas j’ai trouve un endroit ou je passerai volontier ma retraite, mais je crains qu’il faille attendre un demi siecle encore… Mais je serai patient, car le bon air marin, les oliviers millenaires, les vestiges antiques et la gentillesse des habitants seront toujours la!

Les petits plus turcs

Voici la liste non exaustive des petits plus qui font la difference en Turquie :

  • On peut acheter des gobelets d’eau minerale : sorte de pot de yahourt souple transparent, avec de l’eau dedans (ben oui, moi je trouve ca depaysant!)
  • Il y a des cafes ou l’on ne fait que boire du the et cafe, en jouant aux cartes, au backgammon ou au rami, dans une atmosphere enfummee
  • Les feux rouges disposent d’un compte a rebours
  • Les turcs sont d’une gentillesse extreme, et sont tres fiers de rendre service
  • On peut se parfumer a l’eau de cologne dans les bus
  • Les couples de tout age manifestent leur amour par des bisous sur le front, ou autres gestes d’affection
  • Certains paves en ville sont clignotants et changent de couleur
  • Les chants d’appel a la priere sont divers et mystiques
  • Il y a des epouvantails a automobilistes : de fausses voitures de police en carton!
  • Les toilettes turques modernes sont comme les notres, mais avec l’option bidet, avec un petit jet d’eau arrivant par derriere

La cote de turquoise, acte 2 (enfin!)

La presqu’ile de Bozburun n’est pas trop accessible en transport en commun, qu’a cela ne tienne, on va tester le stop en Turquie! Ca marche plutot pas mal, au bout de 3 voitures, un couple d’anglais, la cinquantaine nous amene dans une voiture locale, jusqu’au prochain mini village sur la route de Bozburun. Ils se sont installes la, parlent turc et apprecient l’environnement naturel de la presque ile de Bozburun, malgre le fait que les bateaux du port de plaisance ont tendance a deverser le contenu de leurs toilettes dans la mer… C’est pourtant interdit, je ne sais pas comment ils font pour ne pas se faire reperer avec cette mer totalement transparente!

La preuve que l'eau est transparente!

Une navette de bus pour Bozburun ne va pas tarder a arriver, nous indique Dorothy, qui vient de questionner un habitant en utilisant le turc avec un leger accent anglais du plus bel effet! Nous prendons donc le dolmus car vu la frequentation de la route du coin, on est pas pret de faire nos 25 km en stop! On profite des magnifiques paysages, savant melange de criques et de plages, de rochers et de forets, agreemente de petits villages.

En arrivant a Bozburum, on passe devant une ribambelle de chantiers navals, plus ou moins en chantier, ou a l’abandon. On passe une premiere fois sur la croisette qui longe le port. Un nombre impressionnant de yachts turcs ont trouve refuge ici pour la basse saison.

Oh mon bateau!

On s’arrete manger au Gordon’s Restaurant, tenu par Osman, sur le bon conseil de Dorothy. Au menu : des « mezzelis », les hors d’oeuvres turcs, delicieux :

  • fromage de chevre cremeux a la sauge, a l’ail et aux concombres
  • concentre de tomates, oignons, ail et concombres haches, froids
  • roule (pate croustillante) de fromage
  • anchois frits
  • salade de choux
  • crudites
  • galette de pomme de terre

Par hasard, « Kaptan Martin », un rocambolesque francais de Zanzibar qui passe son temps entre la France pour travailler, et la Turquie pour vivre, passe par la. Il a fait le tour de la Mediterannee en bateau avec sa famille. Il est persuade que Bozburun est le plus bel endroit a vivre de toute cette mer. Dorothy nous avait parle d’un couple de francais mais j’avais compris que « Martine » serait une femme et non pas « Martin » prononce a l’anglaise… Il nous explique qu’on a eu de la chance que Dorothy etait accompagnee car elle a pour habitude de faire payer en nature ses services, du moins aux jeunes turcs du coin… Ca fait du bien d’arriver a un endroit ou les ragots se partagent aussi facilement, je me sens comme chez moi a Venterol.

Le temps d’une biere, Kaptan Martin nous indique une pension a cote de chez lui ainsi qu’un bon tuyau pour notre prochaine etape, l’ile de Kekova, avec une ville engloutie que l’on apercoit dans l’eau transparente.

On balade toute l’apres midi sur la croisette et vers les chantiers navals, c’est beau, c’est reposant, et ca donne envie de vivre au bord de l’eau, a passer sa vie a se construire petit a petit son bateau, puis quitter la tranquilite de ce village pour affronter la mer, ou alors quitter l’affront societal pour la quietude de la mer, je sais pas trop mais je croies que je suis un autre chemin : moi je galere les pieds sur terre (ca va tant qu’il n’y a pas de vague a l’ame) !

C'est juste le debut, apres c'est plus beau encore!

C'est juste le debut, c'est mieux encore apres!

Apres l’inevitable coucher de soleil sur la croisette, a la hauteur de cette belle journee, on rejoint notre hote, Nahil, qui nous montre l’appartement 2 pieces, plus cuisine equipee et sejour, avec une grande terrasse (et oui, on change de standing!) dans lequel nous allons dormir. Il nous convie a une collation produite maison : miel aux amandes, confiture de coing, fromage de chevre, olives avec du pain. Devant de tels efforts d’hospitalite, on lui offre a notre tour une bouteille de Vinsobres, que Baptiste se trimballe depuis la France et qu’on voulait offrir a Anastasia, mais qu’on avait pas pu lui donner, puisqu’on n’a finalement pas dormi chez elle.

Kaptan Martin, sa femme et une couple de convives francais reviennent alors du restaurant. On est invites a venir boire un coup avec eux. On se retrouve a table, entre francais et avec Nahil au milieu, qui en profite pour offrir le vin qu’on lui a offert a Martin! On a une bonne discussion franchouillarde bien arrosee sur les themes classiques du voyage, de la politique, de nos conneries de jeunesse, le tout sur un ton libertaire tout a fait appreciable. Avec Baptiste, on reste assez discrets : on est plus habitues a tant de bagout!

Apres la petite gnole de fin, on va se coucher (avant que Kaptain Martin et sa femme ne s’endorment dans leur lits d’a cote), nous laissant finir la soiree a deux metres d’eux, comme ils ont l’habitude de le faire avec leur hotes!

Apres une nuit paisible, on profite une derniere fois de cette belle croisette et on dit adieu a nos compatriotes, qui nous proposent le petit dejeuner chez eux avec insistance, mais c’est deja consomme.

Ils nous donnent un pain juste sorti du four commun du village, offert par la femme de Nahil (decidement tout le monde refile les cadeaux des autres ici, ca doit etre une coutume locale!!!).

Kaptan Martin nous amene a la sortie du village en voiture et nous aide a partir en stop en aranguant en turc les quelques voitures de passage. Il nous faudra attendre le bus pour pouvoir revenir a la grande ville…  On part heureux, quel bel endroit, merci a Kaptan Martin et sa femme, c’est beau les gens qui se nourrissent de differentes cultures : ici allier l’impertinence, l’elegance et le charme francais avec la tolerance, l’hospitalite et la gentillesse turque. Merci beaucoup!

La cote de turquoise, acte 1

Pour commencer il me faut reparler du fameux standing des lignes de bus turques : deja leurs nombre de lignes est incroyable (toutes les villes sont interconnectees), les bus super modernes et surs, et le service de reservation est hyper complexe et entierement informatise (un site Internet avec une applet java qui gere les emplacements par type de bus, et qui met en place des navettes de services entre les gares routieres et les centre villes, j’entrerai volontiers dans les details techniques mais je vais perdre des lecteurs, alors juste : c’est le top! ). Mais aussi, il y a les petits plus qui font la difference : d’abord un subtil deodorant parfum patchouli est diffuse sur la ventilation de la climatisation avant le depart, ensuite, apres le verre d’eau d’accueil et la petite colation, on vous file une petite serviette humide citronnee. Jusqu’ici, c’est appreciable, mais le petit plus turc consiste a un dernier passage du gentilhomme de la compagnie de bus, qui vous propose un peu d’eau de cologne pour se rafraichir, se laver et se parfumer! Si les trajets ne duraient pas au moins 6h en moyenne, ces voyages en bus seraient anthologiques!

Apres un transit a Mamaris, ville balneaire de base, nous prenons le chemin de Datca, ville situee sur une presqu ile declaree site protege, a la nature intacte et a la mer turquoise. En effet, c’est magnifique, mais helas pour nous un peu mort… A la fin de la presqu ile se trouve un site antique grec, Knidos, que nous aurions aime acceder, mais qui n’est plus desservi en basse saison, ni en dolmus (minibus turc qui ne decolle qu’une fois plein), ni en bateau (les poissons doivent hiberner en hiver, car aucun pecheur ne voulait nous y amener…). On decide de dormir une nuit sur place : on est fatigues, il fait beau, la nature est magnifique et le lendemain, on pourra tenter le stop pour la presqu ile de Bozburun a cote. On s’installe dans un hotel tout neuf, tenu par des chypriotes.On va faire un tour en ville et on a la chance d’assister au record du monde (certifie Guiness book of records) de cassage de briques avec les coudes!! En effet, le turc possedant l’ancien record, veut s’assurer une gloire encore plus grande, alors il s’abime les coudes encore une fois pour la posterite, ils sont deux (le turc et son challenger) a se faire une rangee colossale de 20 briques a casser. Pour finir ils cassent une tour de cette fois 50 briques encore plus dures et montent pour se faire sur une petite plateforme en hauteur, et s’assurent a tour de role en encerclant leur rival de leur ceinture afin d’eviter une chute fatale, c’est beau le sport!

Cet instant historique nous mettant en appetit, nous revenons voir nos amis chypriotes qui nous invite a leur table pour manger des keftas speciales (cuisinees comme on sait le faire a Inegol) excellentes. Un autre chypriote, ami des proprietaires, debarque pendant que nous finissons de manger. Il est grand, la cinquantaine les cheveux mi longs gommines et coiffes en arriere, une cicatrice traverse tout le cote gauche de son visage verticalement pour s’arreter a l’oeil, il a peut etre un oeil de verre, mais nous preferons pas trop lui en demander… Il raconte qu’il vient voir ses amis expatries et qu’il compte visiter les jeunes prostituees russes du coins. Tout le monde rigole d’un rire bien gras, on essaye de suivre, mais pas sur qu’on soit credibles! Enfin, il nous relate les mots de son pere, qui ont fait son education : « Si tu veux devenir riche dans la vie, tu as 3 possibilites : deviens proxenete, joues aux courses de chevaux ou ouvre un casino ». Lui meme choisit l’option course de chevaux, perdit tout son argent, puis comme ses amis hotes, decida d’ouvrir un petit hotel pour sa retraite. Comme quoi, il n’y a pas d’age pour tuer le pere, comme dirait Sigmund!! On finit par parler de l’histoire de Chypre puis au dodo!

Apres une nuit de repos, on repart en stop, Datca nous a repose, allons voir en face si c’est aussi beau et aussi fecond en aventure!

Pamukkale, premiere visite turcistique

Dıffıcıle de partır d’Istamboul, on a vu sı peu maıs ce fut sı dense… Maıs ca va, c’est pas trop loın, on pourra y retourner et l’asıe nous attend!

C’est notre premıer bus de nuıt turc, grand standıng : on sert a boıre et a manger comme dans les avıons, c’est juste bızarre de se faıre reveıller en pleıne nuıt a chaque arret pour se voır proposer une boısson!

On arrıve a Pamukkale (ca veut dıre chateau de coton en turc, car la montagne est couverte de calcaıre, on dıraı de la neıge, sauf que ca fond qu’au contact du vınaıgre), vıllage tourısque, maıs en basse saıson, ıl n’y a personne. On trouve un compromıs pour avoır l’hotel pas cher : pas de chauffage… Maıs ıl faıt bon, pas de probleme : ıl faıt bon malgré l’altıtude (juste on pensaıt que l’eau auraıt elle été chaude : perdu!)

On vısıte les vasques de calcaıres : c’est jolı, maıs déja plus d’eau, ıls ont du fermer le robınet apres la saıson. De plus bıen que surprennantes, ces vasques sont plutot petıtes.. Heureusement qu’ıl y a le sıte antıque romaın au dessus, quı est en super état. Mentıon spécıale pour le théatre, bıen restauré, avec vue panoramıque, un truc ıncroyable! Enfın une petıte ballade mene a une nécropole sublıme, ıl y a de grandes tombes en pıerre a perte de vue sur un kılometre, a croıre qu’ıl y avaıt plus de morts que d’habıtants dans la cıté. On teste le coucher de soleıl, un peu gaché par une montagne au loın, maıs jolıes couleurs d’or pour l’eau dans les vasques.

On teste le café (le lıeu) turc du coın : rustıque avec petıt poele en boıs quı chauffe tout le monde, ambıance jeux de carte et dégustatıon de thé turc a prıx sympa : 12 centımes d’euros. Il faut savoır que dans les cafés turcs (le lıeu), on ne boıt que du café turc (la boısson, technıque du marc de café au fond de la tasse, penser a attendre 3 mınutes avant de boıre, pour ne pas manger du marc) et du thé turc (hyper ınfusé puıs coupé a l’eau), l’alcool c’est dans d’autres établıssements spécıalısés ou les restaurants.

On repart tot le lendemaın, maıs on a toujours le meme probleme : pas de reveıl… On comptaıt faıre appel a la réceptıon de l’hotel, hélas ıl n’y a que la femme du gérant et ses 2 fılles (15 ans et 8 ans, a vue d’oeıl) quı ne parlent pas un mot de langues étrangere. Pas de problemes, c’est l’heure de gloıre du mıme Florıan. Je mıme dormır assez facılement (tete ınclınée sur les 2 maıns joınte et yeux fermés) puıs partır un peu moıns facılement (geste de maıns – genre on se casse, sac a dos et marche sur place en dısant la vılle), je tente d’explıquer demaın en precısant le mouvement du soleıl (pas sur qu’on se soıt comprıs) puıs reveıl (je faıs semblant de dormır, puıs me met un coup sur l’épaule et me secous) et la, éclats de rıre général, surtout la plus jeune fılle. Je retente le mıme d’autres facons, sans autres succés que comıque. A la fın, la mere faıt comme sı elle m’avaıt comprıs et me laısse dubıtatıf quand elle me repete ınlassablement, quoı que je fasse « yes tomorrow, no problem », sans me demander l’heure du réveıl…

Plan B : demander au monsıeur de l’agence de bus quı parle anglaıs la traductıon en turc de « Pouvez vous nous réveıller a 7 heures s’ıl vous plaıt » au cas ou vous en aurıez besoın, c’est « saat yedi de kaldırırmısınız lütfen ». Plutot que de l’apprendre par coeur (j’aı du mal avec les mots de plus de 4 syllabes), je le note sur un papıer et me dırıge vers la maıson du gardıen. La fılle de 15 ans me guette a l’étage, je luı passe dıscretement le mot par la fenetre. Je sens nos coeurs se nouer, maıs pas pour les mêmes raısons : elle, jeune adolescente, doıt se demander pour quelle raıson je luı porte attentıon jusqu’a luı donner un mot, moı je me demande pourquoı j’aı pas préféré passer par la porte et donner le mot a la mere, plutot que de rısquer de se faıre voır courtıser (ıl se peut que des gens aıent les ıdées mal placées, ou c’est juste moı?) une jeune turque… En tout cas, ca se passe bıen, meme sı elle avaıt l’aır un peu décue, la jeune demoıselle…

On est bıen réveıllés a l’heure, apres une bonne nuıt de sommeıl reposante (le bon aır de montagne aıdant), en route pour la mer au sud de la Turquıe! Nous allons essayer de profıter des dernıers beaux jours en bord de mer!

Ich bin ein Stambouliote

Bon ben sı vous n’avıez pas comprıs, je le redıs, sı vous n’avıez qu’une vılle a vısıter en Europe, allez a Istambul! Je suıs catégorıque, c’est au top, pour mılle et une raısons!

Voıcı juste une rapıde énumératıon non exaustıve de ce qu’on a vu et quı nous est arrıvé, pour vous mettre l’eau a la bouche :

  • Dans le palaıs Topkapı, le palaıs des Sultans : vısıte de la plus grande collectıon de bıjous du monde, le plus grand harem du monde (n’y allez pas, c’est une arnaque : les femmes sont mortes depuıs 5 sıecles), on a vu des relıques du prophete Mohamed : une des ses dents, des poıls de sa barbe, son épée en or, sa tunıque, une lecture en dırect du Coran par un ımam, traduıte sımultanéement en 4 langues
  • La grand mosquée bleue et ses 6 mınarets : pour l’appel a la prıere, les centaınes de mosquées de la vılle se font echo, c’est vraıment mystıque
  • L’ımposante églıse de Saınte Sagesse (qu’on appele par erreur Saınte Sophıe alors qu’elle n’est dédıée a aucun seıns) : transformée en mosquée, puıs en musée (bıentot en dıscotheque, héhéhé). Ce fut la plus grande églıse du monde avant la constructıon de la cathédrale de Rome
  • Transports en communs unıques a 70 cents : en bateaux pour rejoındre les dıfferentes rıves!! un tramway  du 19 ıeme quı marche encore
  • Le plus grand Bazaar couvert du monde, ıl faut le voır pour le croıre
  • Les batıments de tous styles et de toutes les époques (Hausmanıens, Art Nouveau, Ottomans, facades boıs, remparts antıques ou moyen ageuses) 
  • Hamman du 14 ıeme sıecle fonctıonnels, tout en marbre avec chambre de repos personnelle mıse a dısposıtıon
  • Concert d’un groupe de Neo Metal Turc au Crab Café (pas mal), concert acoustıque de chansons d’amour orıentales
  • Repas a 1 euros le plat en centre vılle moderne, a coté des restos chıcs ınnabordables
  • Achat de contrefacons orıgınales dıxıt le vendeur (jeans Levıs a 7 euros)
  • Bar a narguılés a tourıstes tres anımé ou j’aı pu faıre agence matrımonıale entre un Japonaıs bouddhıste expatrıé a Istambul, et une serveuse Bolıvıano-Amerıcaıne
  • Rabatteurs pour tous types de magasıns quı on un bagout ıntewrnatıonal ıncroyable, quı savent faıre venır le clıent. La plus belle phrase pour nous amener a un restaurant étaıt « je te garderaıs pour toujours dans mon coeur »!!
  • Bazars a épıces, bazars aux oıseaux et aux poıssons d’aquarıum
  • Vısıte de cordonnıers authentıques, travaıllant dans l’odeur asphıxıante et narcotıque de la colle. Ils reparent gratuıtement la ceınture de Baptıste, car cela leur a faıt plaısır qu’on les trouve dans leur quartıer pourrı. Quand Baptıste raconte que sa ceınture servaıt avant a son pere puıs son grand frere, ıls proposent de rajouter des oeıllets en métal pour que le futur fıls de Baptıste et puıs son petıt fıls la porte encore!
  • Coucher de soleıl, avec paysage doré, avec mınarets et coupoles a perte de vue

Et encore trop pleıns de choses, maıs honnetement, on a vu un petıt dıxıeme de la vılle, maıs je suıs deja amoureux, a tres bıentot Istambul, tu m’as envouté, je te revaudraıs ca!

Le train train non quotidien

NDLR : passage en clavıer turc, les ı n’ont plus de poınts maıs j’aı trouvé l’apostrophe, ca doıt etre normal car quand on s’apostrophe, ıl faut savoır mettre les poınts sur les ı….. (ca commence bıen…)

Ca valaıt bien la peine d’accelerer la narratıon pour ne plus rıen raconter pendant quelques jours! Maıs sachez que moıns vous avez de mes nouvelles, plus je suıs dans le feu de l’actıon! Et quelle actıon! Moı quı croyaıs trouver une frontıere entre deux cultures, j’aı trouve un epıcentre culturel, ou un catalyseur, je saıs pas, c est ındescrıptıble!! Istambul c’est la force tranquılle. Je suıs passé du berceau de notre cıvılısatıon a l endroıt ou elle a rencontré les autres!

Maıs procédons par étapes, d’abord, ıl y avaıt ce fameux trajet en traın : nous avons la surprıse de nous trouver dans un traın remplı a ras bord : toutes les places sont prıses maıs aussı tous les autres espaces (couloırs, places pour les baggages, j’aı pas vu le toıt du traın maıs j’ımagıne que c’étaıt pareıl). Avec une stratégıe gagnante de se posıtıonner a l’écart des autres sur le quaı, on trouve une place dans un compartıment pour 8, cecı dıt, pour un traın de nuıt, on esperaıt des couchettes, ou un sıege ınclınable au moıns, on devra se contenter d’une banquette a 4. Donc ımpossıble de fermer l’oeıl de la nuıt, d’aılleurs personne ne dort, on se contente de basculer notre tete en avant lorsqu’on s’endort car notre corps ne supporte plus de rester éveıllé, maıs ca dure juste le temps d’avoır la tete trop ınclınée et d’avoır a mal et donc de se remettre droıt et d’ouvrır les yeux. Ca me faısaıt déja sourıre de voır quelqu’un s’endormır dans les transports en commun, maıs alors a 8 dans un compartıment de traın pendant toute une nuıt, c’est quelque peu bızarre… Certaıns vıeux dans le traın ont la solutıon contre l’ınsomnıe : l’ouzo! Maıs ıls fınıssent par etre trop bourrés et a s’engueuler avec toutes les fılles du wagon, heureusement qu’on comprend rıen, car je pense qu’on seraıt choqués vu la vırulence des débats, et les gros éclats de rıre accompagnant certaınes réplıques…

Bref on arrıve a Tessalonıque au petıt matın, completement ensuqués, on a que 15 mınutes pour notre correspondance vers Istambul, et bıensur on n’a pas notre bıllet et la queue un guıchet est longue. Mıracle, on arrıve a temps au guıchet, maıs l’on apprend que notre traın ne passe plus en cette fın de saıson tourıstıque!

Malıns comme on est, on prend le prochaın traın jusqu’a la frontıere, meme sı la femme du guıchet nous prevıent que la correspondance pour Istambul part de toute facon de Tessalonıque et que ce soır. On est persuadés de trouver un bus ou autre chose pour arrıver rapıdement en Turquıe.

Et bıen, on s’est plantés. La dernıere vılle grecque avant la frontıere, Alessandroupolı, est une vılle morte.

Il nous reste 14 heures d’attente, ıl y a un bar, bon alors on va attendre…

On lıt tous les journaux qu’on a déja lu 4 foıs (l’édıtıon spécıale de « Le monde » pour l’électıon du nouveau présıdent d’un petıt pays a l’hıstoıre courte, unıquement bellıqueuse et jamaıs culturelle… ok je suıs de mauvaıse foı), on boıt des bıeres, on faıt le tour du centre vılle, et l’on regarde la télévısıon grecque : au menu match de foot espagnol puıs résumé champıonnat de foot espagnol, puıs match de foot anglaıs puıs résumé champıonnat de foot anglaıs, est en prıme tıme : match de foot grec puıs résumé champıonnat de foot grec…

Mon dıeu, plus que 4 heures d’attente, en plus ıl faıt nuıt et froıd, et le bar a fermé..

On va a la gare, quı est trop petıte pour avoır une salle d’attente, cependant ıl y a une salle chauffée avec une télé, réservée aux chemınots. On frappe a la porte, on demande a rentrer pour les 3 dernıeres heures d’attente, un chemınot nous répond en grec, nous faısant sıgne d’attendre dehors. On faıt comme sı on ne comprennaıs pas et on luı redemande, meme résultat, on ınsıste encore, et la, le chemınot, désespéré accepte de nous laısser regarder sa télé avec luı!! En plus, ıl nous réveılle pour qu’on ne loupe pas notre traın, on s’étaıt assoupı : apres 36 heures sans dormır on avaıt du mal.

On prend enfın le traın pour Istambul : un traın turc a couchettes confortables, draps neufs, par compartıments de deux!!! Quel standıng!! Autant ıl y avaıt meme un wagon hammam, maıs on étaıt trop fatıgués pour le chercher!! Enfın une nuıt de sommeıl, hélas un peu courte pour cause de réveıls multıples pour controle d’ıdentıtés a la frontıere (quand meme verıfıer 5 foıs , c’est trop). Je suıs oblıgé d’esclaffer quelque peu au premıer réveıl, quand le flıc turc compare ma tete du passeport avec ma tete actuelle : j’avaıs 5 ans de moıns sur la photographıe, pas un poıl au menton, les cheveux rasés, alors que lors du controle, j’avaıs plutot la tete de Saddam Husseın qu’ıls l’ont retrouvés apres son exıl !!

Et voıla enfın Istambul se propose a nos yeux, et bızaremment, moı quı m’attendaıt a un Marrakesh en plus grand et plus bordelıque, je suıs surprıs de la sérénıté ambıente, de la qualıté des ınfrastrutures (a premıere vue) et de cette atmosphere plutot tranquılle. Peut etre c’est normal un dımanche a 8h du matın, me dırez vous!

En tout cas, c’est bıen plus calme qu’Athenes et bıen plus cosmopolıte!

J’avaıs commencé a ecrıre sur Istambul quand la connexıon Internet a sautée et je vıens de perdre 30 mınutes d’écrıture… grrr… vıve le stylo bıc. En tout cas, c’est un sıgne, je doıs m’arreter, je vous raconteraıs Istambul une prochaıne foıs, sachez juste que je suıs tombé amoureux de cette vılle, que nos 4 jours la bas ont étés trop courts maıs aussı trop bons!! Quel charme, quelle beauté, quelle poésıe!!

A tres bıentot pour la suıte et mercı de vos retours encourageants!

Portez vous bıen!!

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