La presqu’ile de Bozburun n’est pas trop accessible en transport en commun, qu’a cela ne tienne, on va tester le stop en Turquie! Ca marche plutot pas mal, au bout de 3 voitures, un couple d’anglais, la cinquantaine nous amene dans une voiture locale, jusqu’au prochain mini village sur la route de Bozburun. Ils se sont installes la, parlent turc et apprecient l’environnement naturel de la presque ile de Bozburun, malgre le fait que les bateaux du port de plaisance ont tendance a deverser le contenu de leurs toilettes dans la mer… C’est pourtant interdit, je ne sais pas comment ils font pour ne pas se faire reperer avec cette mer totalement transparente!

La preuve que l'eau est transparente!

Une navette de bus pour Bozburun ne va pas tarder a arriver, nous indique Dorothy, qui vient de questionner un habitant en utilisant le turc avec un leger accent anglais du plus bel effet! Nous prendons donc le dolmus car vu la frequentation de la route du coin, on est pas pret de faire nos 25 km en stop! On profite des magnifiques paysages, savant melange de criques et de plages, de rochers et de forets, agreemente de petits villages.

En arrivant a Bozburum, on passe devant une ribambelle de chantiers navals, plus ou moins en chantier, ou a l’abandon. On passe une premiere fois sur la croisette qui longe le port. Un nombre impressionnant de yachts turcs ont trouve refuge ici pour la basse saison.

Oh mon bateau!

On s’arrete manger au Gordon’s Restaurant, tenu par Osman, sur le bon conseil de Dorothy. Au menu : des « mezzelis », les hors d’oeuvres turcs, delicieux :

  • fromage de chevre cremeux a la sauge, a l’ail et aux concombres
  • concentre de tomates, oignons, ail et concombres haches, froids
  • roule (pate croustillante) de fromage
  • anchois frits
  • salade de choux
  • crudites
  • galette de pomme de terre

Par hasard, « Kaptan Martin », un rocambolesque francais de Zanzibar qui passe son temps entre la France pour travailler, et la Turquie pour vivre, passe par la. Il a fait le tour de la Mediterannee en bateau avec sa famille. Il est persuade que Bozburun est le plus bel endroit a vivre de toute cette mer. Dorothy nous avait parle d’un couple de francais mais j’avais compris que « Martine » serait une femme et non pas « Martin » prononce a l’anglaise… Il nous explique qu’on a eu de la chance que Dorothy etait accompagnee car elle a pour habitude de faire payer en nature ses services, du moins aux jeunes turcs du coin… Ca fait du bien d’arriver a un endroit ou les ragots se partagent aussi facilement, je me sens comme chez moi a Venterol.

Le temps d’une biere, Kaptan Martin nous indique une pension a cote de chez lui ainsi qu’un bon tuyau pour notre prochaine etape, l’ile de Kekova, avec une ville engloutie que l’on apercoit dans l’eau transparente.

On balade toute l’apres midi sur la croisette et vers les chantiers navals, c’est beau, c’est reposant, et ca donne envie de vivre au bord de l’eau, a passer sa vie a se construire petit a petit son bateau, puis quitter la tranquilite de ce village pour affronter la mer, ou alors quitter l’affront societal pour la quietude de la mer, je sais pas trop mais je croies que je suis un autre chemin : moi je galere les pieds sur terre (ca va tant qu’il n’y a pas de vague a l’ame) !

C'est juste le debut, apres c'est plus beau encore!

C'est juste le debut, c'est mieux encore apres!

Apres l’inevitable coucher de soleil sur la croisette, a la hauteur de cette belle journee, on rejoint notre hote, Nahil, qui nous montre l’appartement 2 pieces, plus cuisine equipee et sejour, avec une grande terrasse (et oui, on change de standing!) dans lequel nous allons dormir. Il nous convie a une collation produite maison : miel aux amandes, confiture de coing, fromage de chevre, olives avec du pain. Devant de tels efforts d’hospitalite, on lui offre a notre tour une bouteille de Vinsobres, que Baptiste se trimballe depuis la France et qu’on voulait offrir a Anastasia, mais qu’on avait pas pu lui donner, puisqu’on n’a finalement pas dormi chez elle.

Kaptan Martin, sa femme et une couple de convives francais reviennent alors du restaurant. On est invites a venir boire un coup avec eux. On se retrouve a table, entre francais et avec Nahil au milieu, qui en profite pour offrir le vin qu’on lui a offert a Martin! On a une bonne discussion franchouillarde bien arrosee sur les themes classiques du voyage, de la politique, de nos conneries de jeunesse, le tout sur un ton libertaire tout a fait appreciable. Avec Baptiste, on reste assez discrets : on est plus habitues a tant de bagout!

Apres la petite gnole de fin, on va se coucher (avant que Kaptain Martin et sa femme ne s’endorment dans leur lits d’a cote), nous laissant finir la soiree a deux metres d’eux, comme ils ont l’habitude de le faire avec leur hotes!

Apres une nuit paisible, on profite une derniere fois de cette belle croisette et on dit adieu a nos compatriotes, qui nous proposent le petit dejeuner chez eux avec insistance, mais c’est deja consomme.

Ils nous donnent un pain juste sorti du four commun du village, offert par la femme de Nahil (decidement tout le monde refile les cadeaux des autres ici, ca doit etre une coutume locale!!!).

Kaptan Martin nous amene a la sortie du village en voiture et nous aide a partir en stop en aranguant en turc les quelques voitures de passage. Il nous faudra attendre le bus pour pouvoir revenir a la grande ville…  On part heureux, quel bel endroit, merci a Kaptan Martin et sa femme, c’est beau les gens qui se nourrissent de differentes cultures : ici allier l’impertinence, l’elegance et le charme francais avec la tolerance, l’hospitalite et la gentillesse turque. Merci beaucoup!