Georges Brassens en russe

© Lipnitzki / Roger-Viollet

Georges Brassens a toujours eu une place prépondérante dans mon existence : c’est mon phare.

Il m’indique la bonne direction, je trouve réconfort dans ses paroles, c’est aussi le père spirituel moustachu idéal qu’on aimerait tous avoir (enfin moi c’est sûr), un gars simple, un peu tendance feignasse du terroir sud de France, avec un bon sens de l’humour, de l’auto-dérision, qui n’aime pas les cul bénis, les « forces » de l’ordre, les braves gens, et qui aime les femmes, les amis, la dignité des gens honnêtes, le « bon dieu », les bons mots, la vie quoi!

C’est un subtil bougre, un ours et un poète, un critique tolérant, un clown sérieux, un engagé désinvolte, un anarchiste et un romantique, de la chair et de l’esprit!

Ses chansons m’ont accompagné dès l’adolescence (il m’a d’ailleurs fort bien éduqué à ce moment là, c’était mal parti!), sa tombe servait de table à pique nique / pèlerinage avant notre départ au Maroc, sa ville maritime m’a envoûté, et encore ici, au bout de l’Europe, il est encore là à me poursuivre!

J’ai en effet trouvé ses chansons traduites en russe, ce qui m’a voulu une intégration plus facile auprès du beau père, qui est un inconditionnel des chanteurs contestataires à texte, la traduction de Mourir pour des idées a suffit pour être définitivement adopté!

En plus, il y a même des vidéos des chansons interprétées en russe sur Youtube (agrémentées de bandes dessinées, qui plus est!)

Comment une musique faite de pompe peut elle être aussi universelle ? Peut être au delà de la musique, la justesse d’un homme.

 

PS : et un débat sur l’engagement avec Ferrat en cadeau bonus

Vladimir Vyssotski – La Fin Du Bal

La découverte d’un pays commence pour moi souvent par la découverte de sa culture, en particulier sa culture musicale!

Mon premier coup de cœur que je tiens à partager, c’est Vladimir Vyssotski : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Vyssotski

Je tiens mon chanteur rebelle de l’ère soviétique, qui à voyagé dans le monde mais qui est toujours revenu à Moscou, même s’il n’a jamais été reconnu comme chanteur officiel, pour cause ses chansons parlait de la vraie vie des gens.

Une voix pleine d’émotion, et des textes traduits en français comme celui là, magnifique selon moi, et un thème romantique classique, la fin du bal, sans avoir eu le temps de se déclarer à la vie, à l’amour, voila déjà l’injuste mort…

Je vous laisse cliquer ci dessous pour le son, je vous invite à lire ses paroles ci dessous.

La Fin Du Bal

Comme le fruit tombé sans avoir pût mûrir,
La faute à l’homme, la faute au vent…
Comme l’homme qui sait en se voyant mourir
Qu’il n’aura plus jamais de temps.

Un jour de plus il aurait pût chanter
Faute au destin, faute à la chance,
Faute à ses cordes qui c’étaient cassées
Son chant s’appellera silence

Il peut toujours le commencer,
Nul ne viendra jamais danser…

Nul ne le reprendra en chœur
Il n’aura jamais rien finit
A part, cette blessure au cœur
Et cette vie…

Pourquoi, j’voudrais savoir pourquoi, pourquoi,
Elle vient trop tôt la fin du bal?
C’est les oiseaux, jamais les balles
Qu’on arrête en plein vol.

Comme ces disputes commencées le soir
Faute à la nuit, faute à l’alcool
Et dont il ne restera rien plus tard
Que quelques mégots sur le sol

Il aurait tant voulu frapper pourtant
Faute au couteau faute à la peur
Il n’aura faire aucun combat au sang
Juste le temps d’un peu de sueur

Lui qu’aurait voulu tout savoir
Il n’aura même pas put tout voir…

Lui qui avait l’amour aux corps
Pour la seule qu’il aurait gardée
Il a rendu sa barque au port
Sans l’embrasser, sans la toucher, juste y penser jusqu’à la mort!

Pourquoi, j’voudrais savoir pourquoi, pourquoi,
Elle vient trop tôt la fin du bal?
C’est les oiseaux, jamais les balles
Qu’on arrête en plein vol.

Il écrivait comme on se sort d’un piège
Faute au soleil, faute aux tourments
Mais comme il prenait pour papier la neige
Ces idées fondaient au printemps…

Et quand la neige recouvrait sa page
Faute à frimas, faute à l’hiver
Au lieu d’écrire il essayait courage
D’attraper les flocons en l’air

Mais aujourd’hui il est trop tard
Il n’aura pas pris le départ…

Et son souvenir ne sera
Que la chanson d’avant la lute
De l’évadé qui n’aura pas
Atteint son bute

Pourquoi, j’voudrais savoir pourquoi, pourquoi,
Elle vient trop tôt la fin du bal?
C’est les oiseaux, jamais les balles
Qu’on arrête en plein vol.

200.000 personnes à son enterrement pourtant non médiatisé, la plus grande manifestation populaire spontanée de toute l’histoire de l’Union Soviétique, bravo l’artiste!!

Souzdal

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